Le plan de toiture est la troisième pièce graphique de votre dossier de déclaration préalable pour panneaux solaires. Référencé DP4, c’est un dessin schématique de votre toit vu du dessus, avec le positionnement coté des modules photovoltaïques. Ce guide vous explique ce qu’il doit contenir, comment le réaliser, et ce que l’instructeur vérifie en priorité.
À quoi sert le plan de toiture ?
Le plan de toiture répond à une question précise : comment les panneaux sont-ils disposés sur le toit ? Contrairement au plan de masse (DP2) qui montre la parcelle vue du dessus avec les distances aux limites, le plan de toiture est un schéma technique du toit vu du dessus, avec les dimensions cotées et les retraits des panneaux par rapport aux bords.
C’est la pièce qui permet à l’instructeur de vérifier que les panneaux ne dépassent pas les limites du toit, que les retraits par rapport au faîtage et à la gouttière sont suffisants, et que la configuration déclarée (nombre de modules, orientation, dimensions) correspond à la fiche technique du panneau choisi.
Les 7 éléments du plan de toiture
Un plan de toiture conforme pour une installation photovoltaïque doit contenir les éléments suivants.
La description du projet. Un cartouche en haut du dessin résume l’installation : nombre de modules, bâtiment concerné, orientation du pan de toit et puissance totale. Par exemple : « Installation de 4 modules PV sur le bâtiment A toit OUEST (2 kWc) ». Cette description doit être cohérente avec le CERFA et les autres pièces du dossier.
Le dessin du toit. Un rectangle représente le pan de toiture, dessiné à une échelle lisible. Le dessin n’a pas besoin d’être architecturalement parfait — c’est un schéma, pas un plan d’architecte. L’important est que les proportions soient cohérentes avec les dimensions indiquées.
Les blocs PV (calepinage). Les panneaux photovoltaïques sont représentés en bleu sur le dessin, positionnés à l’endroit prévu sur le toit. Le bloc indique la configuration : nombre de lignes × colonnes et l’orientation (paysage ou portrait). Par exemple, « 1×4 paysage » signifie 1 ligne de 4 panneaux en orientation paysage.
Les cotes (distances en mètres). Ce sont les dimensions les plus importantes du plan. Elles indiquent la largeur totale du toit, la profondeur du toit (du faîtage à la gouttière), les retraits des panneaux par rapport aux rives gauche et droite, le retrait par rapport au faîtage (bord haut), et le retrait par rapport à la gouttière (bord bas). Toutes les mesures sont en mètres, exprimées avec une décimale (par exemple 1,15 m).
La fiche module PV. Un cartouche indique les caractéristiques du panneau choisi : référence fabricant (par exemple JASOLAR-JAM54D40 LB), puissance unitaire en Wc (par exemple 500 Wc) et dimensions en millimètres (par exemple 1762 × 1134 × 30 mm). Ces informations permettent à l’instructeur de vérifier la cohérence entre le calepinage et les dimensions réelles des modules.
Le cartouche bâtiment. Un deuxième cartouche indique les caractéristiques du bâtiment : orientation du pan de toit en degrés par rapport au Nord (par exemple 276° Nord), inclinaison de la toiture en degrés (par exemple 16°) et surface totale du pan en mètres carrés (par exemple 20 m²). L’orientation par rapport au nord est mise à jour automatiquement lorsque l’on tourne la boussole dans DPT Solaire.
La boussole (rose des vents). Une boussole indique l’orientation du toit par rapport au Nord. Elle confirme visuellement les données du cartouche bâtiment et aide l’instructeur à comprendre l’exposition solaire de l’installation.

Comment réaliser un plan de toiture ?
Méthode 1 — Dessin manuel
Vous pouvez dessiner le plan de toiture sur papier quadrillé ou dans un logiciel de dessin (PowerPoint, Google Drawings, ou un outil en ligne). Tracez un rectangle aux proportions de votre toit, positionnez les panneaux à l’intérieur, ajoutez les cotes et les cartouches d’information.
Pour les mesures, vous aurez besoin de la largeur et la profondeur de votre toiture (mesurées sur place ou estimées depuis le cadastre), des dimensions de votre module PV (disponibles sur la fiche technique du fabricant) et des retraits souhaités par rapport aux bords du toit (en général 15 à 50 cm minimum côté gouttière pour l’accès et l’entretien).
Cette méthode est gratuite mais fastidieuse si vous n’avez pas l’habitude de faire des dessins techniques cotés. Comptez plus d’une heure pour un résultat correct.
Méthode 2 — Logiciel de CAO
Les professionnels qui maîtrisent AutoCAD, Draftsight, SketchUp ou un logiciel de dessin technique peuvent produire des plans de toiture très propres. C’est la méthode la plus précise mais elle nécessite une compétence logicielle que la plupart des particuliers — et beaucoup d’installateurs — n’ont pas. Il faut ausi compter un droit de license annuelle qui a peu d’intérêt pour une utilisation ponctuelle (DraftSight est a plus de 300 euros l’année et ca n’est pas le plus cher).
Méthode 3 — Générer le plan avec DPT Solaire
DPT Solaire propose un canvas dédié au plan de toiture avec tous les outils nécessaires. La barre d’outils intégrée permet de dessiner la forme du toit (rectangle redimensionnable sur une grille aimantée), d’ajouter les blocs PV en configurant lignes, colonnes et orientation, de placer les cotes (2 clics = une cotation avec label éditable), de renseigner le module PV (référence, puissance, dimensions) et de tourner la boussole pour indiquer l’orientation réelle du toit — le cartouche bâtiment se met à jour automatiquement.
L’image exportée correspond exactement à ce que vous voyez à l’écran, prête à intégrer dans le PDF du dossier. Pour voir le résultat dans un dossier complet, consultez notre exemple de déclaration préalable commenté page par page.
Les erreurs qui font retarder votre dossier
Pas de cotes. C’est l’erreur la plus courante. Un plan de toiture sans dimensions cotées est systématiquement retoqué. L’instructeur a besoin de vérifier que les panneaux tiennent physiquement sur le toit et que les retraits sont suffisants.
Panneaux qui dépassent du toit. Si la somme des largeurs des panneaux plus les retraits dépasse la largeur du toit, le dossier sera refusé. Vérifiez votre calepinage : nombre de colonnes × largeur du module + retraits ≤ largeur du toit.
Incohérence avec le plan de masse. Si le plan de masse (DP2) montre les panneaux sur le pan sud et que le plan de toiture indique une orientation ouest, l’instructeur demandera une correction. Les deux pièces doivent être cohérentes entre elles.
Incohérence avec le montage avant/après. Même logique : si le plan de toiture montre 4 panneaux en 1×4 paysage et que le montage avant/après (DP5-6) montre 6 panneaux en 2×3 portrait, le dossier sera retourné.
Fiche module absente ou incomplète. La référence du panneau, sa puissance et ses dimensions doivent figurer sur le plan. Un plan qui montre des rectangles bleus sans indiquer quel module est utilisé ne permet pas à l’instructeur de vérifier le calepinage.
Boussole absente ou mal orientée. L’orientation du toit est une information essentielle pour l’instructeur — elle influence l’impact visuel et l’intégration architecturale du projet.
Quelle différence entre plan de toiture et plan de masse ?
Le plan de toiture (DP4) et le plan de masse (DP2) sont complémentaires.
Le plan de masse est une vue satellite du dessus qui montre l’ensemble de la parcelle : position du bâtiment, distances aux limites, altitudes du terrain et emplacement général des panneaux. Il répond à « où est le projet par rapport au voisinage ? ».
Le plan de toiture est un schéma technique du toit vu de face qui montre le détail du calepinage : dimensions du toit, position et taille des panneaux, retraits, orientation et fiche module. Il répond à « comment les panneaux sont-ils disposés sur le toit ? ».
Les deux sont obligatoires dans un dossier de déclaration préalable.
Cas particulier : les installations multi-bâtiments ou multi-pans
Si votre installation couvre plusieurs pans de toiture ou plusieurs bâtiments, tout doit figurer sur le même plan de toiture. Il n’y a pas besoin de faire un plan séparé par pan — l’ensemble de l’installation est représenté sur une seule page.
Dans l’exemple ci-dessous, l’installation de 30 modules répartis sur trois bâtiments (A, B et C) est représentée sur un unique plan coté, avec chaque bâtiment dessiné à ses proportions et chaque bloc PV positionné sur le bon pan. Les cotes de chaque bâtiment sont indépendantes, et un seul jeu de cartouches (fiche module + cartouche bâtiment + boussole) couvre l’ensemble.

DPT Solaire gère ce cas dans un seul canvas : vous dessinez les contours de chaque bâtiment, vous placez les blocs PV sur chacun, et vous ajoutez les cotes individuellement. Le descriptif en haut résume l’ensemble (« Installation de 30 modules PV sur le bâtiment A, B et C toit SUD (15 kWc) »).
→ Générer mon plan de toiture sur DPT Solaire
En résumé
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pièce | DP4 — Plan de toiture |
| Obligatoire | Oui, dans tous les cas |
| Contenu | Dessin coté du toit, blocs PV (calepinage), fiche module, cartouche bâtiment, boussole |
| Erreur fréquente | Pas de cotes, panneaux qui dépassent, incohérence avec DP2 ou DP5-6 |
| Temps manuel | 1 à 2 heures minimum |
| Temps avec DPT Solaire | Quelques minutes (selon complexité) |
Cet article a été rédigé par Nicolas Poizot, fondateur de DPT Solaire, l’application en ligne qui génère automatiquement les déclarations préalables de travaux pour les installations photovoltaïques.
